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Hôpital Auxiliaire 73

Hôpital Auxiliaire 73

Création théâtrale


5 Tableaux... en résumé

Publié par Philippe Eretzian sur 14 Décembre 2015, 13:33pm

Catégories : #Ecriture, #Les Tableaux de la Pièce

Jeanne.

Jeanne.

5 Tableaux pour 5 années de guerre

Il est nécessaire que je présente aux lecteurs du blog la pièce sous la forme des tableaux qu'elle comporte. Ainsi cinq tableaux correspondant chacun à une année de guerre et ayant chacun son identité sont nés.

Premier tableau : 1914 - Madeleine-

Le tableau qui ouvre la pièce est celui de la naïveté, de l'exaltation patriotique, de la gravité, du dévouement pour les autres et le pays. Celui-ci présente les personnages que l'on va croiser scène après scène et notamment le personnage principal : Madeleine Smith-Champion. Dans ce tableau rien n'est encore sûr, l'hôpital n'a pas de bases très solides, malgré la volonté des deux sœurs. L'impréparation à laquelle la France fait face, on la retrouve dans l'hôpital. Il faut s'organiser avec les moyens dont on dispose, s'équiper, faire appel à des professionnels de la médecine, embaucher des infirmières, du matériel chirurgical, se procurer une ambulance, faire installer le téléphone… Il faut s'habituer à cette nouvelle organisation qui va petit à petit prendre place dans la maison du 16 rue Charles VII . Il faut se battre pour la reconnaissance de l'œuvre par les autorités et une administration tatillonne dans un contexte où la société est totalement bouleversée par la mobilisation des hommes…

Deuxième tableau : 1915 - Le Paradis des Blessés-

Malgré la guerre et ses horreurs, la vie continue. François, le fidèle majordome et époux de Marie la cuisinière, alors qu'il s'en croyait dispensé, est appelé par la Nation. Jeanne veut devenir une véritable infirmière. Le deuxième tableau décrit la vie de l'hôpital, essentiellement depuis la terrasse qui donne sur le parc de la propriété. La maison se transforme petit à petit en un hôpital et les autorités envoient des malades aux bons soins des sœurs Smith. Mais il leur faut affronter des situations auxquelles elles ne sont pas préparées. Tout d'abord les tâches administratives s'accumulent et se complexifient pour Madeleine qui n'avait pas envisagé la lourdeur de cette tâche et qui la conduisent à devoir régler elle-même la solde des poilus. Ensuite, il s'agit de diriger un établissement où les soldats viennent se reposer et reprendre des forces. Certains se laissent aller comme le soldat Bacchus qui simule un prolongement de sa surdité. Le site est tellement agréable, et les sœurs Smith si gentilles avec eux, que les poilus espèrent surtout ne pas en repartir et retourner sur le front. Cela devient pour la généreuse Madeleine un véritable crève-cœur que de devoir renvoyer sur les lignes ces hommes auxquels elle s'attache … Travaillant d'arrache-pied et mettant toute son énergie dans son œuvre de secours, Madeleine délaisse ses pinceaux. Le doute s'installe dans l'esprit de l'artiste.

Troisième tableau : 1916 - Une visite prestigieuse -

Les efforts constants des sœurs Smith deviennent payants et elles commencent à recevoir des vrais blessés qui arrivent en nombre de Verdun. L'habitude de la guerre s'installe dans les esprits et l'hôpital se professionnalise. Madeleine prend de l'assurance, son investissement dans son œuvre humanitaire est enfin reconnu par les autorités et le Président de la République effectue, accompagné du ministre-maire de Champigny, Albert Thomas une visite officielle dans l'hôpital. Mais Madeleine, séparée de son cher et tendre, promu secrétaire du Général Lyautey en Afrique du Nord, commence à ressentir cruellement le manque de ses toiles qu'elle a sacrifiées pour l'hôpital qui l'accapare en permanence… C'est le tableau où les femmes de l'hôpital prennent en charge des responsabilités qu'elles n'auraient pas imaginé pouvoir endosser. avant la guerre

Quatrième tableau : 1917 - Dans la tourmente -

Le tableau le plus court mais le plus mouvementé. La lassitude de la guerre se fait sentir. Partout naissent des conflits dans les rangs armés et dans la société française. Plus personne n'entrevoit la fin de cette guerre atroce qui a déjà vu tomber des centaines de milliers d'hommes. Les Russes abandonnent la partie et la France et l'Angleterre se retrouvent seules à affronter l'Allemagne et l'Autriche. L'esprit révolutionnaire gagne les esprits et l'hôpital n'échappe pas à cette vague. Au milieu de cette tourmente politique naissent des amours entre soldats et infirmières qui n'auront peut-être pas l'issue heureuse espérée…

Cinquième tableau : 1918 - La naissance du 20ème siècle-

L'hôpital connaît cette année là un tel "succès" qu'il va soigner et accueillir même des civils qui arrivent de Picardie. La grippe espagnole de l'automne 18 n'arrange pas la situation. Prévu pour accueillir une cinquantaine de convalescents, l'hôpital auxiliaire 73 atteint un effectif de plus de 80 malades. Les Nogentais viennent en famille se protéger dans les caves du château contre les attaques des Allemands qui tirent sur Paris avec "leur gros canon" (la grosse Bertha). Mais l'Europe voit enfin le bout du tunnel et les Français renversent la situation. Cela va être le temps des règlements de compte et l'Allemagne va devoir payer la facture de tous les dégâts qu'elle a engendrés en quatre années d'occupation du territoire national. Face aux épreuves, Madeleine est devenue une directrice plus intransigeante et professionnelle que jamais, résistante au défaitisme, patriote jusqu'au bout des doigts, indignée par toutes les destructions commises par les "Boches" et les villages en ruines, c'est elle qui est désormais sur la ligne de front ( Pierre Champion envoyé au Maroc depuis l'été 1916 est sous la protection du Général Lyautey ). L'établissement est devenu un hôpital du front où l'on reçoit des urgences de n'importe quel ordre. Loin est le temps où le doute submergeait la généreuse artiste-peintre. Solide comme un roc, menant à la baguette son petit monde et son hôpital, elle entend bien que la France envahisse l'Allemagne pour lui imposer des conditions drastiques de remboursements . Madeleine se remet à peindre. L'ancien monde s'est consumé dans l'effroyable combat et un nouveau surgit de ses cendres…

P.E

Jeanne Smith, au premier rang, est assise derrière le convalescent assis au sol.

Jeanne Smith, au premier rang, est assise derrière le convalescent assis au sol.

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